On peut aisément imaginer le choc ressenti à l'annonce d'un diagnostic de cancer du sein. A fortiori si le traitement proposé est une mastectomie totale du sein atteint. J'ai pris pleinement conscience de la nécessité du dépistage précoce ayant permis une intervention rapide dans mon cas (plus efficace encore, dans certains pays comme en France, le dépistage précoce obligatoire est annuel et se fait dès 40 ans). Mon chirurgien-oncologue, Dr Boileau m'a rassuré en me parlant du processus de reconstruction mammaire. Je suis quand même ressortie de son bureau abasourdie, mais avec l'espoir qu'une solution existait et que mon suivi médical pourrait être assuré dans le cadre d'un protocole de recherche balisé et avec une équipe dédiée, ainsi que le Dr Robidoux, directeur du groupe me le reconfirmait. J'étais toujours en vie; il ne s'agissait donc que d'un mauvais moment à passer... L'intervention du chirurgien-plasticien, le docteur Gagnon, m'a à nouveau rassurée. Le processus planifié de chirurgie-reconstruction simultanée facilite grandement les choses pour la patiente, même si par la suite le traitement de chimiothérapie est loin d'être une sinécure! Heureusement, une radiothérapie n'était pas nécessaire dans mon cas.
Comme sociologue, je connais bien l'importance d'effectuer de la recherche et de recueillir des données empiriques probantes afin de comprendre toute la complexité des phénomènes et d'intervenir de façon appropriée sur un problème particulier. Ce constat est d'autant plus vrai en médecine afin d'intervenir toujours plus efficacement sur le cancer du sein, maladie encore trop répandue. La recherche ouvre de grandes perspectives dans le traitement de ce cancer. D'abord, pour la détection plus précoce et plus fine du cancer du sein, l'imagerie à très haute résolution peut permettre maintenant de détecter des tumeurs de 5 à 10 microns dans le tissu mammaire. Ensuite, pour traiter ce cancer, le laser à impulsions (ou radiothérapie par contraste de phase) offre la possibilité de cibler les tumeurs avec une plus grande précision que la radiothérapie conventionnelle, qui brûle les tissus sains environnants. La France traite déjà (Hôpital Saint-Louis à Paris) les patientes en cancer du sein au moyen de ce type de laser, une méthode moins envahissante et handicapante que la radiothérapie. Il existe donc des moyens créant beaucoup d'espoir pour les patientes.
Pour conclure mon témoignage, je tiens avant tout à remercier l'équipe médicale qui m'a suivie. Mais je tiens aussi à réaffirmer la nécessité de la recherche et de la prise en compte de l'application de ses résultats en constante évolution.